La crise des réfugiés rohingyas fait naître une nouvelle génération de travailleurs humanitaires au Bangladesh

Posted: 
01/30/18
Themes: 
Humanitarian Emergencies

Bangladesh - Qu’ils soient chercheurs d’emploi ou professionnels chevronnés, les Bangladais se regroupent pour chercher de nouveaux emplois et acquérir de nouvelles compétences dans le cadre des efforts humanitaires essentiels qui visent à aider les réfugiés rohingyas à Cox’s Bazar.

L’afflux de réfugiés rohingyas, qui a débuté fin août 2017, a ouvert des possibilités d’emploi parmi tout un éventail de postes humanitaires à Cox’s Bazar, où l’OIM a engagé environ 500 Bangladais ces cinq derniers mois. Des centaines d’autres ont trouvé de nouveaux emplois auprès d’autres organisations humanitaires nationales et internationales.

Plus de 688 000 réfugiés rohingyas ont fui le Myanmar vers le Bangladesh ces cinq derniers mois, portant le nombre total de Rohingyas présents à Cox’s Bazar à environ 900 000. Ils sont nombreux à continuer d’affluer chaque semaine.

Les nouvelles recrues engagées par l’OIM pour faire face à l’urgence à Cox’s Bazar depuis août 2017 rejoignent les quelque 250 employés locaux et nationaux qui travaillaient déjà pour l’OIM au Bangladesh sur divers projets relatifs à la migration.

La majorité d’entre eux travaillent en première ligne de la crise des réfugiés à Cox’s Bazar, jouant ainsi un rôle important pour soutenir à la fois les communautés de réfugiés et d’accueil, tout en acquérant de nombreuses nouvelles compétences.

Enamul Hoque, 29 ans, a rejoint l’OIM en décembre 2017 en tant que chef d’équipe de première ligne évaluant les besoins et fournissant des services essentiels aux réfugiés et aux habitants du quartier de Shamlapur, à Cox’s Bazar.

Diplômé en anthropologie, avec un intérêt particulier pour les interventions sur le terrain, il a connaissance de la situation des réfugiés rohingyas depuis qu’il est enfant. « J’apprécie les compétences que j’acquiers en matière de contrôle et de programmation de la fourniture de services et j’ai hâte de faire évoluer ma carrière dans le secteur humanitaire », a-t-il déclaré.

Bien que certains employés de l’OIM comme Enamul débutent dans le travail humanitaire, de nombreux professionnels ont également trouvé du travail à l’OIM. Parmi les personnes récemment recrutées, l’OIM a engagé près de 200 professionnels médicaux, notamment des médecins, des ambulanciers, des infirmières, des sages-femmes, des thérapeutes, des technologistes, des radiologues, des pharmaciens et du personnel chargé de la vaccination. 

Le Dr. Romana Islam travaille à l’OIM à Cox’s Bazar depuis trois ans. « J’ai toujours travaillé dans l’obstétrique et n’avait jamais vraiment songé à acquérir de nouvelles compétences ou expériences. Mais depuis l’afflux de réfugiés, je suis confrontée à un nombre considérable de cas de violences sexuelles et de personnes nécessitant une aide psychologique. Le fait de travailler sur ces questions a vraiment renforcé mon expérience dans différents domaines et m’a encouragée à élargir mes connaissances », a-t-elle confié.

D’autres professionnels ont également trouvé du travail à l’OIM dans des secteurs comme l’élaboration et la mise en œuvre de programmes, l’ingénierie, la finance, l’administration et l’informatique. Israt Sharmin, assistante des ressources humaines (RH) en fait partie. Forte de ces cinq ans d’expérience dans les RH d’entreprise, elle a rejoint l’équipe de gestion des ressources de l’OIM à Cox’s Bazar en septembre 2017 pour travailler sur le recrutement local.

« Cette opportunité m’a permis d’améliorer l’ensemble de mes compétences de nombreuses manières différentes. J’ai appris à appliquer les normes internationales modernes au processus de recrutement, alors que je travaillais auparavant de manière très traditionnelle. Le fait de travailler dans une grande organisation avec des gens de divers milieux et origines est également très bénéfique », a-t-elle ajouté.

Pour certains, les changements apportés à leur cahier des charges par l’afflux de réfugiés sont moins spectaculaires mais toujours très bénéfiques. Mobarak Ali, 25 ans, employé de maintenance de l’OIM à Cox’s Bazar travaillait de façon occasionnelle depuis plus de trois ans. Après l’afflux, un poste à plein temps lui a été proposé. « Je travaille à plein temps pour l’OIM depuis maintenant trois mois. C’est un emploi stable et le revenu régulier me convient mieux », a-t-il expliqué.

Outre le personnel récemment recruté aux niveaux national et local, l’OIM œuvre également avec ses partenaires locaux, les ONG Mukti et Shampreeti pour recruter plus de 250 promoteurs de la santé dans les camps de réfugiés. Ils sont formés avant de dispenser des soins de santé primaire, des thérapies et des soins maternels aux personnes à la fois dans les installations de réfugiés et dans les communautés d’accueil.

Milki Barua, 26 ans, vit dans le district d’Ukhiya et a récemment rejoint Mukti comme promoteur de la santé dans le vaste camp de fortune de Kutupalong. Elle n’avait jamais eu d’emploi stable avant novembre l’année dernière, mais cherchait désespérément du travail pour subvenir aux besoins de ses deux jeunes enfants depuis que son mari a perdu son emploi. « Cet emploi était une très bonne opportunité pour ma sécurité financière et pour développer mes compétences professionnelles », a-t-elle déclaré.

« La plupart des promoteurs de la santé sont nouveaux dans ce secteur. Ils n’avaient que peu ou pas d’expérience dans le travail humanitaire relatif à la santé. Les formations que nous dispensons et le travail que nous faisons sur le terrain les aident à acquérir un ensemble de compétences très spécifiques en forte demande sur le marché actuel du travail au Bangladesh », a déclaré Jebor Mulluk, coordonnateur du projet de Mukti.

Selon les responsables de l’OIM qui dirigent les interventions sur le terrain, la possibilité de rallier divers professionnels nationaux et locaux qualifiés qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences joue un rôle inestimable dans la réponse d’urgence, tout en soutenant la consolidation de la main-d’œuvre.

L’accueil et l’aide du Bangladesh aux nombreux réfugiés créent naturellement de nombreux défis. Mais ils apportent aussi des avantages dans le domaine du recrutement local », a déclaré Raid Ramahi, chargé de la gestion des ressources de l’OIM au Bangladesh. « L’accueil des réfugiés a d’ailleurs créé des opportunités de développement des compétences et des capacités d’une main-d’œuvre jeune et en devenir, qui sera précieuse pour le pays tout entier. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Fiona McGregor, OIM Cox’s Bazar, Tel. +8801733335221, Email : fmacgregor@iom.int

  • Human Resources Assistant Israt Sharmin is part of the vital humanitarian efforts of IOM Bangladesh to help Rohingya refugees in Cox's Bazar. Photo: OIM