Conflit, séismes, inondations, tsunamis : la Papouasie-Nouvelle-Guinée montre comment se préparer

Region-Country: 
Papouasie-Nouvelle-Guinée, Asia fr
Date Publish: 
14 Mar 2014

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’un des pays les moins explorés au monde, compte près de 8 millions d’habitants, dont 80 % vivent en dehors des centres urbains. Malgré une forte expansion des industries extractives, qui a placé le pays au sixième rang des économies qui connaissent la plus forte croissance au monde, plus d’un tiers des habitants vivent avec au maximum 1,25 dollar E.-U. par jour.

Situé dans la ceinture de feu du Pacifique, le pays est exposé aux catastrophes naturelles – séismes, tempêtes, inondations, glissements de terrain et tsunamis – dont beaucoup ne sont pas signalées car elles touchent des communautés isolées dépourvues de moyens de communication. En outre, de nombreuses régions sont en proie à des conflits localisés, qui provoquent des pertes en vies humaines, des déplacements et la désorganisation des moyens de subsistance. Ces dernières années, l’érosion des côtes est devenue une menace grave, de nombreux villages côtiers étant sur le point de tout simplement tomber dans l’océan.

Labu Tale, dans la province de Morobe, sur la côte septentrionale, est le premier village du pays à avoir élaboré un plan de gestion des risques de catastrophe, avec l’aide de l’OIM. Peuplé d’environ 700 habitants, il est situé sur une étroite bande de terre bordée d’un côté par l’océan, de l’autre par un lagon. Son emplacement le rend vulnérable aux séismes et aux inondations provoquées par l’élévation du niveau de la mer et les tsunamis et qui, à leur tour, endommagent les habitations et les potagers. En outre, des affrontements tribaux causent la destruction des moyens de subsistance des villageois.

Le projet pilote a été élaboré en l’espace de huit mois par l’OIM et le centre provincial de gestion des catastrophes de Morobe, avec le financement et le soutien du Bureau d’aide en cas de catastrophe à l’étranger de USAID. Il a consisté à faciliter la mise en place, à l’échelle locale, de formations à la réduction des risques de catastrophe, de mesures de sensibilisation et de manœuvres d’entraînement aux catastrophes auxquelles ont participé de nombreux habitants, dont des femmes, des jeunes, des enfants et des personnes handicapées, et à réaliser un plan de gestion des risques de catastrophe qui comprend des directives détaillées en matière de cartographie des risques, de vulnérabilité et de recensement des capacités, et qui explique comment réagir en cas de catastrophe. L’un des principaux éléments du projet a été la construction, au-dessus du lagon, d’un pont en bois qui permet de fuir vers les hauteurs en cas d’inondation. Il s’agit d’un excellent exemple de la manière dont une communauté peut, sans soutien externe, résoudre des problèmes posés par une catastrophe en utilisant des ressources locales.